Mais où sont donc passées les libellules ?

Par ces fraiches journées d’hiver, une question nous taraude… ? Que sont devenus les libellules qui égayaient les mares et cours d’eau de leur vol ? Où sont passer les belles demoiselles alors que plus aucun insecte n’est à se mettre sous la dent ? Réponse dans cet article en texte et en images.

Une vie aquatique 

Elles n’ont pour autant pas migré vers d’autres contrées, bien que dans d’autres régions du monde, certaines espèces soient capables d’effectuer de longues traversées comme l’Anax porte-selle (Hemianax ephippiger).

Pas d’hibernation non plus comme quelques mammifères, sauf pour le Leste brun (Sympecma fusca) seule libellule en France qui passe l’hiver à l’état adulte bien dissimulé dans un abri.
Il est pourtant tout à fait possible d’observer des libellules toute l’année. Si, si ! Mais pour cela, il faut troquer le filet à insectes pour une bonne épuisette car c’est dans l’eau qu’il faut chercher, entre les herbiers de plantes aquatiques, dans les sédiments, ou la vase plus précisément ! 

Ne vous attendez en revanche pas à trouver le bel insecte avec quatre ailes et ses couleurs festives... Rien de tout cela ne lui est nécessaire dans le monde aquatique. Une tenue de camouflage des plus discrètes et une allure d’Alien est plutôt de rigueur : tons marrons clairs à foncés, yeux exubérants, corps trapu ou allongé selon les espèces ! Car c’est à une larve que vous aurez affaire à cette saison. Ou un œuf dans le cas des espèces qui pondent tardivement à la fin de l’été et en automne. Aeschnes, Lestes et Sympetrum préfèrent rester ainsi en pause, attendant le printemps que les conditions soient bien meilleures pour se mouvoir, éclore et entamer leur vie larvaire. 


Les dents de la mare


Une vie à dévorer… Car la libellule n’est pas du genre à rester à la diète en hiver. Larves comme adultes sont de véritables prédateurs. Les jeunes larves commencent doucement avec des petites larves aquatiques, crustacés d’eau douce, mollusques, puis vient le moment de s’attaquer à des plus gros morceaux : grosses larves, têtards et pourquoi pas alevins pour les plus grandes larves. Son arme secrète ? Une approche en toute discrétion, et surtout, un bon coup de fourchette, ou plutôt une mâchoire articulée placée sous le menton et terminée par deux crochets qu’elle dégaine tel un Caméléon pour saisir ses proies.
Calopteryxs, Gomphes, Cordulégastres ont adopté un corps d’athlètes pour réaliser leurs exploits en eaux vives, alors que Cordulies, Libellules, Anax, Lestes préfèrent la tranquillité des mares et étangs.



Portrait de familles

 


Larve de Caloptéryx vierge

 
 Adulte de Caloptéryx éclatant


  
 Larve et émergence de Cordulégastre annelé


 Larve de Leste vert  Adulte de Leste vert

Selon son rythme de développement, et la disponibilité en nourriture, l’animal peut ainsi vivre et semer la terreur plusieurs semaines à quatre années dans l’eau. Car c’est que la libellule doit manger pour assurer son développement complet qui nécessite plusieurs mues (de 8 à 18), ce qui n’est pas sans danger pour elle aussi. Aux derniers stades larvaires, les enfants vous diront qu’on voit comme 4 mini-ailes sur le dos. Mais il ne s’agit pas véritablement de ses ailes, car l’insecte ne se déplace toujours pas en volant sous l’eau... Ce sont des fourreaux alaires qui abritent justement les futures ailes de l’adulte.  
Au printemps, celles qui sont assez grandes, trouveront une plante idéale pour sortir de l’eau, retirer leur combinaison et étirer leur corps et ailes méticuleusement comprimés jusque-là. D’autres préféreront rester une année de plus à traquer le ver de vase.

 
 Emergence d’un Gomphe vulgaire

 


 

 

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